10 jours VERT le futur

du 10 au 20 SEPTEMBRE à KOLBSHEIM

Le ciel a pleuré aujourd’hui à Kolbsheim.

Par Caroline Ingrand-Hoffet

750 personnes se sont couchées sur la route mercredi 12 septembre à Kolbsheim réunis par leur tristesse, leur colère, leur impuissance, leur honte et leur inquiétude. Cinq sentiments que je partage comme pasteure de ce village et des zadistes.

Tristesse devant le désastre écologique qui se déroule à quelques centaines de mètres, au pied d’un jardin classé remarquable, derrière un cordon de gendarmes surarmés.

Colère face à la violence d’Etat, qui fait naître des pulsions de violence en chacun : Ronde de genadarmes dans le village tous les quarts d’heure, surveillance par hélicoptère plusieurs fois par jour dans un bruit assourdissant, contrôle d’identité sur les routes.

Impuissance face au rouleau compresseur qui lance à grande vitesse un projet d’autoroute envers et contre tous les feux rouges environnementaux, avec le mensonge et la manipulation de l’information comme armes implacables.

Honte d’appartenir à un Etat dans lequel le droit est bafoué, le dialogue impossible et la population réduite au silence.

Inquiétude pour l’avenir d’un pays où la force et l’argent deviennent seuls maitres.
Mais en tant que pasteure de Kolbsheim, j’ai aussi des raisons d’espérer.

Face aux gendarmes impassibles, armés pour une guerre improbable, je veux témoigner :

Du courage des villageois à affirmer à leurs risques et périls, leur refus d’un projet qui participe à épuiser les ressources nécessaires à notre survie.

De l’élan de solidarité qui se déploie envers les habitants éphémères du village que sont les zadistes.

De la persévérance des militants pourtant profondément blessés derrière leurs yeux rougis par les gaz lacrymogènes.

De l’espoir porté par les zadistes de participer à un autre projet de société.

Je veux croire qu’au cœur de cette forêt qui meurt, la vie renait déjà.


Caroline Ingrand-Hoffet

Pasteure de la paroisse protestante de Kolbsheim Hangenbieten